La justice fédérale américaine a inculpé un agent de la police fédérale de l’immigration américaine (ICE), suspendu pour des déclarations mensongères concernant des tirs qui ont blessé un immigré vénézuélien à Minneapolis en janvier.
Les médias américains ont rapporté ce jeudi 3 septembre que le Texas, où Christian Castro réside, a jusqu’à présent refusé de le livrer aux autorités judiciaires de l’État du Minnesota, qui ont déjà engagé, en mai, des poursuites contre cet agent pour agression et faux témoignage et émis un mandat d’arrêt à son encontre.
Citant des sources proches du dossier, les médias rapportent que l’acte d’accusation de cet agent, détenu au Texas pendant 90 jours, n’a pas encore été rendu public. Il est toutefois inculpé au niveau fédéral pour « déclarations mensongères ».
Un procureur fédéral du Minnesota, qui voulait également l’inculper de violations des droits fondamentaux, passibles de peines plus lourdes, s’est d’ailleurs heurté au refus du ministère de la Justice à Washington, révèle le média ProPublica, citant des courriels adressés à des avocats.
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Le directeur de l’ICE, Todd Lyons, avait annoncé en février que Castro et un autre agent étaient mis en « congé administratif jusqu’à la fin d’une enquête interne approfondie ».
Il leur est reproché d’avoir menti « sous serment » sur les conditions dans lesquelles ils avaient ouvert le feu lors de la poursuite d’un immigré vénézuélien, le 14 janvier.
À l’époque, le ministère de la Sécurité intérieure (DHS) avait affirmé qu’un des agents avait été agressé « avec une pelle à neige et un manche de balai » par deux hommes et avait alors dû tirer « pour protéger sa vie ». Mais les images de vidéosurveillance ayant contredit la version des policiers, le parquet avait abandonné les poursuites visant deux immigrés vénézuéliens.
L’incident s’était produit pendant l’opération « Metro Surge », une opération d’arrestations massives d’immigrés lancée par l’administration Trump à Minneapolis, principale ville du Minnesota. Déclenchée fin décembre, l’opération, qui s’est soldée mi-février par l’arrestation de « 4 000 étrangers en situation irrégulière », selon le gouvernement fédéral, a été marquée par la mort de Renee Good sous les balles des policiers fédéraux, ainsi que par celle d’Alex Pretti dans les mêmes circonstances.